Blog

Structure avec les jeunes

Préfecture, conseil régional et région académique en Nouvelle-Aquitaine lancent officiellement la première Conférence territoriale de la jeunesse, ce lundi 13 novembre 2017 à Bordeaux. Cette "instance de dialogue et de co-construction", composée pour un tiers de jeunes et qui fonctionnera autour d'une assemblée plénière, d'un comité de pilotage et de commissions thématiques, a pour vocation de "formuler des avis et de construire collectivement des propositions afin de guider les décideurs", résument les trois partenaires dont l'initiative s'inscrit dans la loi du 27 janvier 2017 relative à l'Égalité et à la Citoyenneté. Celle-ci prévoit en effet que "les politiques publiques en faveur de la jeunesse menées par l'État, les régions, les départements, les communes et les collectivités territoriales à statut particulier font l'objet d'un processus annuel de dialogue structuré entre les jeunes, les représentants de la société civile et les pouvoirs publics". L'originalité du dispositif ? "La loi crée l'obligation de dialoguer avec les jeunes mais il ne s'agit pas ici d'une énième assise ou d'un temps de concertation ponctuel", précise à ToutEduc Nathalie Lanzi, vice-présidente du conseil régional déléguée à la jeunesse, "mais d'un espace qui a pour vocation de travailler régulièrement et d'accompagner de manière pérenne les institutions, notamment la Région durant tout son mandat, Région qui pourra orienter sa politique, faire de réglementations d'intervention, etc., en se nourrissant des travaux menés par les membres de la conférence".

Un format que la Région teste déjà, au sein d'une Conférence territoriale du sport et d'une Conférence territoriale de la culture, mises en place respectivement fin 2016 et au printemps 2017. Les 120 membres de cette Conférence territoriale de la jeunesse, répartis en trois collèges de tailles identiques, travailleront en 2017-2018 sur 6 thématiques, choisies par les jeunes et validées par le comité de pilotage réuni le 22 septembre dernier : l'information jeunesse, l'engagement, la mobilité internationale et infra régionale, l'accès au logement, l'épanouissement et le bien-être, l'orientation et la mise en cohérence des acteurs en charge de ce domaine. Les commissions thématiques en charge de travailler sur ces questions se réuniront au moins 3 fois d'ici novembre 2018 et la Conférence organisera un renouvellement de ses membres "afin d'ouvrir le débat", précise encore la vice-présidente.

Centrer les travaux autour des thèmes qui intéressent les jeunes : mobilité, logement, emploi

L'initiative a été motivée par les résultats d'une enquête qui avait été commanditée par l'ancienne mandature régionale, dont les résultats ont été présentés "en interne" en mars 2016. Celle-ci montrait d'une part les "grandes inquiétudes des jeunes", résume Nathalie Lanzi : "pour les 15-20 ans, elles portaient surtout sur le logement et la mobilité, pour les 20-30 ans, sur le logement et l'emploi". Deuxième "constat", "les jeunes ne se retrouvaient pas dans cette politique", poursuit l'élue. "Il nous a semblé nécessaire de réfléchir à la façon dont nous pouvions être plus lisible et plus visible, à la façon dont nous pouvions communiquer, élaborer des règlements d'intervention afin que cela concerne tous les jeunes, dans les 12 départements, et pas seulement ceux de la métropole bordelaise, notamment pour les actions culturelles, associatives, sportives. Même si la région n'est pas la plus jeune de France, nous avons voulu faire de la jeunesse une priorité."

La Conférence territoriale de la jeunesse, en installant une démarche participative avec les premiers concernés, constitue, selon la vice-présidente, la deuxième étape de la politique initiée en ce sens par la collectivité issue de la fusion des régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes en 2015. Celle-ci avait, dans un premier temps, réduit le nombre de dispositifs en direction de la jeunesse, "de plus de 70 à une cinquantaine", précise Nathalie Lanzi, "en fusionnant ceux qui avaient des points communs, en supprimant ceux qui avaient peu de bénéficiaires ou qui n'avaient pas de sens au regard des résultats de l'enquête" et les avaient étendus à tous les départements des trois anciennes régions.

Réunions aussi le dimanche pour s'adapter aux contraintes des jeunes

Le comité de pilotage a été mis en place fin 2016 et associait déjà des jeunes. Trois collèges de 40 membres chacun ont été composés pour former l'assemblée : un collège de jeunes, provenant du CAVL (Conseil académique de la vie lycéenne), de la FMDL (Fédération des maisons des lycéens), en service civique, en activité... ; un collège composé des institutionnels et de leurs structures représentatives de la jeunesse comme le CRIJ (Centre régional information jeunesse), les CIO (Centres d'information et d'orientation), la MLDS (Mission de lutte contre le décrochage scolaire) ; un collège composé des mouvements de jeunesse et d'éducation populaire et des acteurs économiques et sociaux avec, entre autres, le CRAJEP (Comité régional des associations de jeunesse et d'éducation populaire), la Fondation Macif, le planning familial, la fédération des centres sociaux et socioculturels, les maisons familiales et rurales, des structures sportives, l'ADAPEI (Association départementale d'amis et de parents de personnes handicapées mentales)... "Le plus complexe était de trouver les personnes et les structures les plus représentatives, y compris des 12 départements, complexité qui explique certainement que les autres régions ne se soient pas encore lancées dans la constitution de cet espace d'échange", précise encore Nathalie Lanzi.

Les commissions thématiques se réuniront régulièrement dans des lieux mis à disposition par chacun des trois partenaires, "y compris le dimanche pour s'adapter aux contraintes des jeunes", souligne de son côté Éric Mortelette, le chef du service académique d'information et d'orientation du rectorat de l'académie de Bordeaux. La Région a par ailleurs adopté un budget de 10 000 euros en assemblée plénière, le 23 octobre dernier, pour soutenir le fonctionnement et notamment prendre en charge les frais de déplacement, l'État mettant à disposition "plutôt des moyens techniques", précise encore la vice-présidente déléguée à la jeunesse.

La Conférence pourra nourrir, au-delà de la politique jeunesse de la région, des réflexions ou des actions menées également par l'Éducation nationale, par exemple en matière d'éducation artistique et culturelle, d'orientation, de mobilité sur le territoire - pour que cela ne soit "pas une punition d'aller dans un centre de formation un peu éloigné" - mais aussi à l'international...